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31.3.26

Crimson Glory, Transcendence, voyage voyage

Propulsé malgré lui tête d'affiche du festival du 1er mai 1989, Crimson Glory n'a pas entièrement convaincu le public du Zénith lors de sa prestation. Si sur disque le groupe se montre tout à fait à la hauteur, il semble que la scène reste un de ses points faibles. Nous avons interviewé le lead guitariste, Jon Drenning, afin qu'il nous parle de la carrière du groupe et qu'il explique plus en détail le concept musical de Crimson Glory...

TRASH MANIAC : Qu'est-ce qui vous a poussé à choisir ce nom étrange de CRIMSON GLORY (Gloire Pourpre) ?

JON DRENNING : Nous voulions un nom original pour le groupe, pas comme toutes ces formations de Heavy-Metal ou de Hardcore. Nous voulions un nom qui soit différent du style musical que nous pratiquions, quelque chose qui change de l'image habituelle attribuée à ce style de musique.

T.M. : Justement, serais-tu capable de donner une définition du style musical du groupe ?

J.D. : On peut dire que nous pratiquons une sorte de Hard Rock progressif avec des passages Heavy, des mélodies et des émotions. Pour moi, la musique c'est avant tout la mélodie et l'émotion que tu peux transmettre lorsque tu joues une chanson.

T.M. : Quels sont les groupes qui t'ont influencé au départ ?

J.D. : Les groupes qui m'ont influencé étaient Queen, Pink Floyd, un peu Rush, même si je les trouve trop progressifs, Led Zeppelin, ainsi que Judas Priest, Iron Maiden, Scorpions. Ce sont des groupes de Hard avant tout mais ils savent être musicaux comme Queen, par exemple, qui est un de mes favoris depuis toujours.

T.M. : Donc des influences définitivement européennes ?

J.D. : Définitivement et c'est comme cela. Il n'y a pas tant de groupes américains qui m'aient influencé d'une façon directe, comme c'est le cas pour les groupes européens que je t'ai cités. Je pense que Crimson Glory a été influencé par les groupes américains en ce qui concerne le côté visuel, et en ce qui concerne le côté musical, nous avons été influencés par les groupes européens. Je pense que c'est une bonne combinaison.

T.M. : Peux-tu me parler des débuts proprement dits du groupe ?

J.D. : Le groupe a été formé en 1980 par Ben Jackson (guitare rythmique) et Dana Burnell (drums). C'est en 1981 que j'ai rejoint le groupe car j'habitais dans le même quartier qu'eux et qu'ils appréciaient mon jeu de guitare. De plus, ils avaient beaucoup de matériel. En 1982, Jeff Lord (basse) est arrivé et en 83 c'était au tour de Midnight de se joindre à la formation. Au départ, le groupe se nommait PIERCED ARROW mais on a changé le nom en CRIMSON GLORY car on trouvait que cela collait mieux au style musical du groupe.

T.M. : De quelle façon avez-vous signé sur Roadracer aux États-Unis ?

J.D. : C'était lors d'un Midem, une convention musicale comme en France, qu'un type nommé Dan Johnson a écouté une cassette de nous qui avait été présentée en Europe par Roadrunner. Maintenant, deux ans plus tard, nous avons signé avec Roadracer USA, qui est distribué par MCA, parce qu'au départ, le label avec lequel on avait signé était trop petit et il ne pouvait pas nous pousser. À l'origine, on devait signer avec une major compagnie en Amérique mais finalement, nous avons décidé de signer avec Roadracer car nous étions un groupe prioritaire pour eux. Certaines majors compagnies signent des groupes mais ne s'occupent pas de leur promotion, elles préfèrent s'occuper de leurs grosses signatures comme Michael Jackson ou Madonna, par exemple. C'est afin d'éviter ce genre de choses que nous avons signé sur Roadracer.

T.M. : Avant d'enregistrer votre premier LP, avez-vous enregistré des démos ?

J.D. : Oui, nous en avons enregistré une. Nous avons dépensé beaucoup d'argent pour la réaliser. Avant de faire notre premier LP, nous avons été ensemble pendant cinq années et nous n'avons jamais joué en dehors de notre local. Nous répétions chaque soir dans une maison car nous avions chacun un boulot dans la journée. Nous avons donc passé beaucoup de temps et d'argent pour réaliser la démo qui nous a permis de décrocher un deal.

T.M. : Est-ce que vos débuts à Tampa (Floride) ont été difficiles ?

J.D. : Le fait de venir de Floride n'a pas eu une influence directe sur le groupe. Nous ne faisions pas de reprises à nos débuts comme tous ces groupes qui viennent de Los Angeles ou de New York. Ils peuvent jouer ces reprises dans des bars ou des clubs, mais ici à Tampa, il n'y a aucun endroit où l'on peut jouer régulièrement. Nous avons toujours joué dans notre local. Les premiers shows live que nous avons effectués se sont déroulés en Europe lors des tournées en première partie de Anthrax, Metallica ou Metal Church. Nous n'avons donc pas commencé à jouer devant trois ou quatre personnes mais en face de quatre mille personnes. C'était marrant et différent.

T.M. : Vous avez donc tourné avec des groupes de Speed Metal...

J.D. : Oui, nous avons tourné avec des groupes Thrash. Ce n'est pas notre style de musique mais comme nous avions l'opportunité de jouer avec ces groupes-là, nous l'avons prise car nous voulions jouer devant le plus de monde possible.

T.M. : Quelles ont été les conditions d'enregistrement de "Transcendence" ?

J.D. : Cela nous a pris quatre mois et demi pour réaliser cet album. Il a été produit par Jim Morris et nous avons eu beaucoup plus de temps et d'argent, ce qui nous a permis d'améliorer la production. Le prochain LP sera certainement enregistré en Europe, en Norvège peut-être. Il faudra que l'on s'habitue à un autre climat que celui de Floride (rires).

T.M. : Est-ce qu'il y a eu une évolution musicale, pour vous, entre le premier LP et celui-ci, "Transcendence" ?

J.D. : Oui, surtout au niveau de la production, mais sinon cela reste du Crimson Glory. Dans le second album, les chansons sont meilleures, les arrangements aussi. Il y a plus de parties acoustiques, il y a plus d'émotions. Mais j'aime nos deux albums.

T.M. : Des titres comme "Transcendence" ont été écrits il y a plusieurs années. Pourquoi les avez-vous inclus dans cet album ?

J.D. : Pour "Transcendence", c'est un titre qui a été écrit par Midnight avant qu'il ne rejoigne Crimson Glory. Avant d'entrer dans le groupe, il n'avait aucune idée de ce qu'était le Hard Rock, c'était un hippie qui jouait de la guitare sur les plages ou dans les parcs, voilà comment était Midnight. Nous le voulions comme chanteur car il avait une voix fantastique et pleine d'émotion. Nous avons travaillé ensemble sur ce titre et il est assez dans l'esprit de Led Zeppelin. C'est une chanson mystique.

T.M. : "Red Sharks" (sur le dernier LP) parle de la politique de l'URSS. Que penses-tu de la nouvelle politique de Gorbatchev ?

J.D. : Ce titre n'est pas le point de vue du groupe réellement. Après notre seconde tournée, nous sommes revenus aux États-Unis car nous devions négocier un nouveau contrat ; nous avons eu un accident et notre matériel a été détruit. Nous avons passé beaucoup de temps à tourner en rond, à écrire des chansons, à regarder la télé et à être influencé par la propagande politique américaine. "Red Sharks" est donc le point de vue des médias américains sur ce pays. Nous ne voulions pas nous limiter au niveau des sujets abordés dans nos paroles afin de garder l'intérêt du public. Pour ce qui est de la nouvelle politique de l'URSS, je pense que c'est mieux. Les gens ont plus de liberté pour faire ce qu'ils veulent. J'espère que cela ira de mieux en mieux dans ce pays.

T.M. : Quelles sont vos influences majeures lorsque vous écrivez les paroles ?

J.D. : Nous essayons d'inclure dans nos chansons un aspect horrifique. J'ai lu beaucoup de livres sur la métaphysique, la philosophie, sur la vie après la mort, donc les paroles abordent tous ces sujets un peu bizarres. Nous essayons de faire en sorte que la musique reflète les paroles.

T.M. : Penses-tu qu'un jour Crimson Glory jouera sans masques ?

J.D. : Un jour peut-être, nous les abandonnerons. Pour l'instant, nous essayons de créer un climat mystique autour du groupe, c'est ce qui fait son originalité. Un jour, nous les enlèverons sûrement, ce sera fun.

DEAD ZONE

Extrait de Trash Maniac N°10 - Juin 1989

29.3.26

Ross The Boss, ex-Manowar, is dead

Ross « The Boss » Friedman, membre fondateur de MANOWAR et de THE DICTATORS, dont l'influence sur le heavy metal et le punk reste tangible encore aujourd'hui, est décédé à l'âge de 72 ans. Sa disparition survient un peu plus d'un mois après l'annonce de son diagnostic de SLA (sclérose latérale amyotrophique), également connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig.

La nouvelle du décès de Friedman a été partagée via un communiqué sur les réseaux sociaux du Metal Hall Of Fame.

« C'est avec une profonde tristesse que nous confirmons le décès du guitariste légendaire, notre cher ami et membre du Metal Hall Of Fame, Ross "The Boss" Friedman », indique le communiqué.

« Ross était une force pionnière tant dans le punk que dans le heavy metal, plus connu pour avoir été un membre fondateur de THE DICTATORS et de MANOWAR. Ross restera à jamais "l'ambassadeur mondial du metal" du Metal Hall Of Fame. Son jeu puissant, sa sonorité reconnaissable entre mille et son esprit sans compromis ont aidé à façonner des générations de musiciens et de fans à travers le monde.

« Plus tôt cette année, Ross avait partagé publiquement son diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (SLA), y faisant face avec le même courage et la même honnêteté qui ont défini sa vie et sa carrière. L'impact de Ross sur la musique est incommensurable. De l'énergie brute du punk des débuts à l'envergure épique du heavy metal, son œuvre a laissé une marque indélébile sur le genre et sur tous ceux qui l'ont découverte. Au-delà de ses accomplissements sur scène et en studio, Ross était profondément respecté par ses pairs et aimé par ses fans sur tous les continents. Son héritage perdurera à travers sa musique, son influence et les innombrables vies qu'il a touchées.

« Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille, ses amis, ses camarades de groupe et ses fans du monde entier en ces moments difficiles. D'autres détails seront communiqués dès qu'ils seront disponibles. »

Un communiqué spécifique sur la page Facebook de Ross évoque :

« C'est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de l'enfant du Bronx, Ross "The Boss" Friedman, qui s'est éteint la nuit dernière après avoir lutté contre la SLA. Guitariste légendaire et père bien-aimé, sa musique et son esprit ont marqué les fans du monde entier autant que vous l'avez marqué. Nous sommes reconnaissants pour l'élan d'amour et de soutien que vous avez tous manifesté tout au long de sa carrière, et particulièrement ces derniers mois. Sa musique représentait tout pour lui et sa guitare était son souffle de vie. Cette maladie insidieuse lui a arraché cela. Son héritage avec THE DICTATORS, MANOWAR, ROSS THE BOSS et ses autres collaborations vivra éternellement dans nos cœurs et nos oreilles. »

Ross avait été intronisé au Hall Of Heavy Metal History en 2017, avant que celui-ci ne soit rebaptisé Metal Hall Of Fame.

Lorsque le diagnostic de Ross a été annoncé pour la première fois début février, son attaché de presse avait déclaré : « Ross "The Boss" Friedman a été diagnostiqué avec une sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Lou Gehrig. Le diagnostic a fait suite à plusieurs mois de symptômes apparemment sans lien, notamment une faiblesse dans les mains et les jambes. Une série de micro-AVC a d'abord été envisagée comme cause, mais les changements de régime alimentaire, l'exercice et la physiothérapie supplémentaire n'ont rien fait pour ralentir la progression ou augmenter sa force. »

À l'époque, Friedman avait ajouté dans sa propre déclaration : « Il est difficile de savoir ce qui m'attend, et cela me brise le cœur de ne plus pouvoir jouer de guitare, mais l'élan d'amour a été tellement, tellement fort. Je suis absolument époustouflé par l'amour et le soutien de ma famille, de mes amis et des fans. Je vous aime tous. »

Ross a enregistré six albums avec MANOWAR avant de quitter le groupe après l'album Kings Of Metal en 1988. Son travail avec MANOWAR inclut des albums classiques tels que Battle Hymns (1982), Into Glory Ride (1983) et Hail To England (1984).

Ross a été l'un des pionniers du punk rock et du heavy metal. Apparu sur la scène dans les années 70 avec THE DICTATORS et des albums classiques comme Go Girl Crazy! (1975), Manifest Destiny (1977) et Bloodbrothers (1978), Ross a aidé à ouvrir la voie au punk rock (pour mettre les choses en perspective, Go Girl Crazy! est sorti une année entière avant le premier album des RAMONES, et deux ans avant ceux de THE CLASH et des SEX PISTOLS).

À la fin des années 80, Ross avait retrouvé ses camarades des DICTATORS au sein de MANITOBA'S WILD KINGDOM, qui servait de pont entre son amour pour le punk et le metal, comme on peut l'entendre sur le premier album populaire du groupe en 1990, ...And You?. Tout au long de la décennie suivante, Ross a également joué avec des groupes tels que THE HELLACOPTERS et THE SPINATRAS, avant la réunion des DICTATORS qui a donné lieu à plusieurs sorties de la fin des années 90 jusqu'au début du 21e siècle. C'est également vers cette époque que Ross a uni ses forces à celles de l'ancien batteur de BLUE ÖYSTER CULT, Albert Bouchard, dans le groupe BRAIN SURGEONS. Ross se concentrant alors principalement sur la musique metal, deux projets supplémentaires avaient été lancés : DEATH DEALER et son projet solo, ROSS THE BOSS.

R.I.P. Man.

Source : blabbermouth.net


MANOWAR "Gloves Of Metal (Special Edition)" - OFFICIAL VIDEO

28.3.26

Voivod, Dimension Hatröss, mutants métalliques

C’était en novembre dernier, à Tuttlingen, en Allemagne, après leur concert, que nous avons rencontré Blacky et les gars de VOIVOD; ce sont de joyeux lurons, ils sont très cools et ils en ont dans la caboche ! L’interview qui suit n’a cependant pas été réalisée après le concert car j’ai pensé qu’il était préférable d’avoir des nouvelles plus fraîches, ce qui suit a donc été réalisé peu après l’enregistrement du dernier LP, "Dimension Hatröss", et c’est SNAKE (chant) qui a eu l’amabilité de bien vouloir répondre à cette interview...

Troubadour : Salut à toi Snake, alors vous arrivez d’une tournée Européenne, peux tu me dire comment elle s’est passée aviez vous cette idée de l’Europe ?

Snake : Ça a bien été, on a fait plus de villes et de pays que l’année dernière; sensiblement la même impression en un an ça n’a pas beaucoup changé !

Tr. : Vous venez de terminer l’enregistrement du 4° album, pensiez vous en 84 à l’époque de WAR AND PAIN que VOIVOD aurait acquis une telle notoriété ?

Sn. : À cette époque tout ce que nous voulions c’était sortir de notre bled nous avions autant d’ambition qu’aujourd’hui. En 1984 ça avançait lentement Quand on regarde derrière on s’aperçoit qu’on a fait un bon bout de chemin.

Tr. : Parle nous donc de ce 4° LP.

Sn. : Il s’appelle "DIMENSION HATRÖSS". C’est un album concept avec 8 chapitres chaque chapitre est une chanson. VOIVOD part dans une autre dimension pour découvrir les peuples et entités différents de ce qu’il a rencontré dans les autres albums. Un album important pour nous.

Tr. : Vos textes sont violents et parlent beaucoup de la guerre; ressentez vous cela profondément ? Quelle est votre attitude dans la vie ?

Sn. : Disons que nous réagissons à la guerre comme nous réagissons à tout ce qui nous entoure. Dans la vie de tous les jours nous sommes relativement cools ! Les oppressions que nous ressentons sont transformées en source d’énergie pour notre musique.

Tr. : J’ai remarqué que BLACKY portait un signe : la croix gammée barrée d’un trait rouge.

Sn. : Cela a une signification : ANTI NAZI !

Tr. : Qui compose dans VOIVOD ?

Sn. : Nous tous !

Tr. : Quel est votre meilleur souvenir ? Et le plus mauvais ?

Sn. : Le plus mauvais c’est quand nous sommes allés jouer en Angleterre cette année; on a été refusés au pays ! Le meilleur est notre première tournée !

Tr. : Que faites vous dans la vie à part de la musique et la musique arrive-t-elle à vous faire vivre ?

Sn. : Notre musique et ce que cela comporte nous occupe pleinement et nous réussissons à être autonomes dans la vie !

Tr. : Comment voyez vous l’avenir ?

Sn. : Aujourd’hui c’est dur de voir l’avenir; disons que nous essayons d’être le plus optimiste possible.

Tr. : Tu as le N° 4 de TROUBADOUR entre les mains honnêtement qu’en penses tu ? Que penses tu de la démarche des fanzines en général ?

Sn. : Pas mal ... Je te souhaite bonne chance car au CANADA y’a beaucoup de fanzines mais ils sont tous morts dans l’œuf... J’espère qu’en FRANCE c’est mieux !

Tr. : Qu’est ce que tu écoutes le plus ?

Sn. : EINSTURZENDE NEUBAUTEN, KILLING JOKE, BAUHAUS, VANDERGRAFT, RUSH, P.I.L., MOTORHEAD, MEGADETH, DIE KRUGEN.

Tr. : Un dernier mot pour la fin ?

Sn. : FLAQUE DE COULIS DE TOMATE, Tabarnak... Salut les cousins !

Tr. : Salut Snake à bientôt.

Phil.

EXTRAIT DE TROUBADOUR N°5 - Mars 1988

21.3.26

Faith No More, The Real Thing (London/Barclay)

De nos jours, dans le monde du metal, tout devient de plus en plus banal, nous sommes entrée de plein pied dans l'ère de la redite, du stéréotype, de l'uniformisation. Les groupes qui apportent réellement quelque chose à l'ensemble, de part leur approche musicale, ce font de plus en plus rare. Dieu merci, ils restent encore une poignée d'irréductibles qui cherchent à innover, à explorer sans cesse de nouveaux horizons, à redonner un sang neuf à un genre qui s'essouffle d'année en année. Groupe fétiche de mister Hetfield, FAITH NO MORE présente un troisième album parfait où la brutalité, la mélodie, l'intelligence des arrangements s'entrechoquent joyeusements pour donner l'un des vinyls de l'année. Mélangeant des structures et des rythmiques rappelant parfois METALLICA (Cf le titre Thrashant "Surprise ! You're Dead !") sur fond de nappes de synthétiseur, le tout avec un chant adapté à chaque ambiance et propulsé par une section rythmique compacte, nos cinq californiens tiennent l'auditeur en perpétuelle alerte. On peut dire que cet album est surprenant de bout en bout, mais on n'est jamais déçu alors n'hésitez pas à vous le procurer.

DEAD ZONE

Extrait de TRASH MANIAC N°11 - Janvier 1990


20.3.26

Napalm Death, Mentally Murdered, 12" (Earache Records)

Je crève d'ennui aujourd'hui, ma télé est en panne, la pochette du dernier CARCASS me laisse indifférent, c'est la grève à l'école, et je me colle un ou deux "suppos" tant mon rhume des foins perturbe ma libido. Seul, sur la platine, un grognement sourd s'évertue à me faire vibrer : c'est la voix de Lee Dorrian, le cro-magnon teenager du Grind Core universel, celui qui plaque ses acolytes à l'apogée du combo. NAPALM DEATH se meurt enfin au grand dam de ses fans et de mon maître d'école. NAPALM DEATH vire sa cutie, sans son BCBG, une sainte horreur au moment où le son du groupe devenait prometteur. Cela ne nous empêchera pas de les voir en tournée à la fin de l'année avec les alligators de MORBID ANGEL (qui n'est pas la p'tite amie de Dead Zone !). ROOOAARRGH ! A suivre avec le temps.

RAK

Extrait de TRASH MANIAC N°11 - Janvier 1990


18.3.26

Vio-lence, Eternal Nightmare, histoire sans fin ?

C'est une des formations les plus violentes enfantée en Californie depuis Slayer, les maîtres ultimes du genre. Poussant le style musical Made in Bay Area à son extrême, Vio-lence nous a asséné un premier album foudroyant où les rythmiques saccadées se succédaient à un train d'enfer. Mais depuis 88 (date de la sortie de ce LP), plus rien alors nous avons enquêté et voici le résultat de nos investigations...

TRASH MANIAC : POURQUOI AVEZ-VOUS QUITTÉ VOTRE MAISON DE DISQUES MECHANIC ? 

PHIL DEMMEL (GUITARS) : Les gens de MECHANIC RECORDS voulaient nous orienter dans une direction musicale que nous ne désirions pas, dans une voie plus rentable que ce que nous faisions, uniquement dans le but de vendre plus d'albums. Nous ne voulons vraiment pas sacrifier notre son pour vendre plus d'albums, ce que de toutes façons nous n'aurions pas fait pour notre nouvel LP. À la base, c'est un consentement mutuel entre notre maison de disques et nous, il valait mieux que nous ne travaillions plus ensemble.

T.M. : ALORS VOUS ÊTES À LA RECHERCHE D'UN NOUVEAU LABEL ? 

P. : Oui, car le problème avec notre premier album est qu'il n'était pas disponible dans les différentes [villes] où nous avons joué. Nous pensions que le fait de signer avec une major ferait que l'on trouverait notre album partout, mais cela ne s'est pas passé de cette façon.

T.M. : AVEZ-VOUS UN NOUVEAU LABEL EN VUE ? 

P. : Nous avons discuté avec de nombreux labels et nous acceptons les propositions de chacun autant que possible. Mais nous ne pouvons pas prendre de décision pour le moment car notre manageuse, Debbie Abono, accompagne actuellement FORBIDDEN en tournée. Quand elle sera de retour, nous prendrons probablement notre décesion. (Note : correction manuscrite "prendront" en bas de page)

T.M. : ALORS PENDANT CE TEMPS LÀ QUE FAITES-VOUS ? 

P. : Nous avons joué dans des clubs locaux et nous préparons nos nouvelles compositions. Nous avons du temps, à un tel point que si nous n'aimons pas quelque chose dans une chanson, nous travaillons dessus jusqu'à ce que cela sonne bien. Nous voulons que chaque nouvelle chanson soit parfaitement exécutée et prête à être enregistrée.

T.M. : ALORS JUSTEMENT, PEUX-TU NOUS PARLER DE CE NOUVEL ALBUM ET DES TITRES QUI LE COMPOSERONT ? 

P. : Le nouvel album doit s'appeler "Oppressing The Masses". Il y a déjà cinq titres de prêts : "I Profit", "Officer Nice", "World In A World", "Engulfed By Flames" et "Torture Tactics", qui d'ailleurs ne s'appel plus ainsi puisque la maison de disques (MECHANIC) ne l'a voulu que l'on change ce titre. C'est à cause des paroles car elles traitent des tortures tactiques que l'on pratique en Afrique du Sud. Nous avons changé le titre en "Silence-The Spoken Word" et il parle, maintenant de la censure.

T.M. : EST-CE QUE SEAN EST LE PRINCIPALE ÉCRIVAIN DES TEXTES ? 

P. : Oui, il a écrit toutes les paroles. Avant, il n'y avait que Rob et moi qui écrivions la musique. Mais pour ce nouvel LP, l'ensemble du groupe a participé à l'écriture des morceaux. Ce deuxième album représente plus le travail d'un groupe.

T.M. : EST-CE QUE VOUS SUIVEZ À NOUVEAU LE CHEMIN TRACÉ PAR VOTRE PREMIER ALBUM AU NIVEAU MUSICAL ? 

P. : En effet, il sera probablement dans la même veine que le premier, mais il aura plus de maturité. Nous sommes ensemble depuis deux ans, avec la même formation, et nous avons mûri ensemble donc cela s'en ressentira certainement au niveau des compositions. Nos nouveaux morceaux sont plus travaillés et il y a plus de passages progressifs. En définitive, cela ressemblera à du VIOLENCE mais en plus mûr.

T.M. : AVEZ-VOUS DES PROJETS UNE FOIS QUE VOUS AUREZ RÉALISÉ CE NOUVEL ALBUM ? 

P. : Nous aimerions bien tourner à travers l'Europe. Nous en avons entendu parler par nos amis d'EXODUS, SACRED REICH et FORBIDDEN et nous aimerions réellement venir vous rendre visite. Mais tout cela dépendra de notre nouvel album et de la tournée que l'on pourra nous proposer. Mais attendons de voir la tournure que vont prendre les évènements. Sinon, nous aimerions tourner avec SLAYER, MEGADETH ou probablement TESTAMENT, avec qui nous avons fait une tournée vraiment cool en compagnie de VOIVOD.

DEAD ZONE

Extrait de TRASH MANIAC N°11 - Janvier 1990

13.3.26

Autopsy, Severed Survival, death gore

Alors que le groupe vient de ravager quelques salles de concert de notre Hexagone, AUTOPSY semble vouloir contaminer l'Europe avec son Death-Metal fatal. Ce groupe a été formé par l'ancien batteur de DEATH qui a émigré en Californie afin de dénicher deux compères aussi fêlés que lui. AUTOPSY a effectué une mini tournée en France avec PESTILENCE et WITCHES. TRASH MANIAC a cherché à en savoir plus sur ces esprits torturés géniteurs d'un premier LP sanglant, "SEVERED SURVIVAL"...

TRASH MANIAC : Tout d'abord, peux-tu m'expliquer quelle est la différence entre ton groupe et tes anciens compatriotes de DEATH ? CHRIS (DRUMS) : Notre musique est plus sauvage. Actuellement, DEATH essaie d'être plus technique que de part le passé. J'aime encore ce qu'ils font mais nous, nous essayons d'être plus sauvages, brutes au niveau du son. On joue plus de parties lentes sur certaines de nos nouvelles compositions avec un feeling particulier.

T.M. : Peux-tu nous définir la ligne de conduite musicale du groupe ? 

C. : Nous ne pensons pas réellement à notre musique. Nous la construisons en fonction de notre feeling du moment, cela sort des tripes (NDLR : C'est le cas de le dire pour un groupe de Death-Metal !). Nous essayons de rendre le groupe aussi Heavy que possible. Nous voulons être différents tout en restant dans une veine très Death-Metal.

T.M. : Peux-tu nous parler des démos que vous avez sorties ?

C. : La première a été réalisée il y a de nombreuses années et elle contenait 4 chansons. Elle était assez bonne mais les compositions ressemblaient beaucoup à du DEATH parce que je venais juste de quitter le groupe. J'avais toutes ces influences de DEATH dans ma tête. Ensuite, nous avons réalisé notre seconde démo, "Critical Madness", un an plus tard. Elle ressemblait plus à ce que l'on fait actuellement et c'est grâce à cette démo que l'on a décroché notre contrat avec Peaceville, le label Anglais de Grind-Core.

T.M. : Justement peux-tu nous parler de ce contrat ?

C. : Hammy, le manager du label, aimait réellement le groupe, il a entendu parler de nous grâce à Jeff de CARCASS. Il m'a envoyé une cassette vierge et je lui ai enregistré nos démos. Il les a beaucoup appréciées et il a décidé de nous proposer un contrat sur son label. Cela a très bien marché, spécialement du fait que nous étions face à un gros deal. Aucun label n'a réagi face au groupe aux Etats-Unis alors nous avons décidé d'accepter la proposition de Hammy.

T.M. : Cela fait déjà un moment que votre premier LP, "SEVERED SURVIVAL", est sorti alors comme cela se passe-t-il ? 

C. : En ce qui concerne l'album a été relativement bien distribué car le label Peaceville possède un bon réseau de distribution auprès de labels indépendants. En ce qui concerne les Etats-Unis, l'album n'est malheureusement distribué que chez certains disquaires.

T.M. : Est-ce que ce LP contient des titres de vos précédentes démos ? 

C. : Oui, nous avons effectivement utilisé certaines compositions de nos démos et nous avons utilisé tous les titres non-enregistrés à l'époque. Il y a beaucoup de titres que nous avons en réserve mais soit ils sont trop vieux, soit trop mauvais. Nous avons repris les meilleurs titres de notre démo pour les mettre sur l'album.

T.M. : D'où vient ce dessin assez sanglant sur la pochette de votre LP ? 

C. : Cela est une idée de nous, Eric (guitare) est venu en premier avec cette idée. Le type qui a dessiné cette pochette est Kent Mathieu et il a déjà réalisé des pochettes pour HEXX, FORBIDDEN et le dernier LP de POSSESSED. HEXX nous l'a recommandé. De plus Kent est très proche de nous et il travaille très bien avec le groupe. Il sait exactement ce que nous voulons.

T.M. : Peux-tu me dire qu'elle est selon toi la différence entre Peaceville et les autres labels avec qui vous avez négocié, comme Combat par exemple ? 

C. : J'aime bien le fait d'être sur le label Peaceville, c'est plus personnel. Hammy est vraiment un gars cool, on peut bosser avec lui. A Combat Records, par exemple, tout le monde essaie d'être très "business" et tu ne peux absolument pas parler avec eux. Hammy a son propre groupe, SORE THROAT, alors il sait de quoi il en retourne. A Combat, ils ont censuré notre idée de départ pour le premier album de DEATH. Ils ne voulaient pas imprimer nos paroles. La pochette originale était trop violente alors ils ont demandé à Ed Repka de la refaire. Je n'aime pas la façon dont il peint, il use trop de couleurs joyeuses... trop générique.

C'est donc sur ces dernières paroles, qui traduisent bien les pensées très sombres de notre homme, que se termine cette interview d'AUTOPSY, une des valeurs sûres de la scène Death-Metal au côté de ces compatriotes de DEATH.

DEAD ZONE

Extrait de Trash Maniac N°11 - Janvier 1990

11.3.26

Massacra, Final Holocaust, en route pour la gloire


C'est à l'holocauste final que nous invite MASSACRA dès son premier album, le bien nommé "Final Holocaust" (Shark Records). Charmante perspective, non ? Le quatuor parisien est donc allé en RFA pour enregistrer des débuts vinyliques plus que prometteurs et capables de rivaliser avec la concurrence internationale, catégorie Thrash/Death. Le groupe joue donc la carte de l'exportation à tout prix, ce qui paraît, à l'heure actuelle, une solution plus que salvatrice en France. Mais laissons plutôt nos "féroces" musiciens nous conter leur histoire et la naissance de cet album...
 

TRASH MANIAC : QUEL EST LE LINE-UP ACTUEL DU GROUPE ? 
JEAN-MARC (LEAD GUITAR/CHANT) : Alors, il y a Fred à la lead guitare, Pascal (basse et chant), Chris à la batterie, et moi à la lead et au chant également. Depuis les débuts du groupe, on a changé souvent de batteur, au moins cinq fois. Moi, au début, je jouais de la batterie dans le groupe puis je l'ai quitté pour ensuite revenir en tant que lead guitariste et chanteur sur certains titres. Pascal et moi, on se partage le chant à 50 % chacun. 
FRED : Chris est depuis deux ans dans le groupe. Avant, il faisait partie d'un petit groupe qui s'appelait EXODUS (rires). 
PASCAL : On l'a pris pour 250 000 $ par mois (rires). Plus sérieusement, nous sommes un groupe dont le line-up a peu varié par rapport à d'autres formations. C'est sûrement le line-up définitif jusqu'à la mort du groupe (rires). 

T.M. : QUELLES ONT ÉTÉ VOS DIFFICULTÉS OU VOS FACILITÉS POUR LA RÉALISATION DE VOTRE DERNIÈRE DÉMO "NEARER FROM DEATH" ? 
F. : On s'est fait un peu chié pour la réaliser car le type qui possédait le studio ne connaissait rien à notre musique, au Thrash. 
J.M : On aurait pu réaliser cette démo sur un huit pistes, nous-mêmes, cela aurait rendu aussi bien. 
P. : Le type n'a pas réussi à maîtriser au mieux notre son car nous, de notre côté, nous connaissions parfaitement chaque morceaux. Normalement, un ingénieur du son doit bien connaître son métier. Il ne connaissait pas notre genre de musique. On a été obligé de lui donner des conseils alors que cela aurait dû être le contraire.

T.M. : SUITE À CETTE DÉMO, VOUS AVEZ EU DES RÉPONSES POSITIVES DE LA PART DE LABELS INDÉPENDANTS ÉTRANGERS. JE CROIS QUE WILD RAGS VOULAIT VOUS SIGNER ?
F. : Oui, en effet, Richard C., le responsable de WILD RAGS, nous a envoyé un contrat mais nous avons préféré attendre un petit peu plutôt que de se précipiter. En fait ce contrat c'était une licence, c'est-à-dire que l'on devait enregistrer le LP dans un studio et ensuite envoyer les bandes aux USA pour qu'elles soient pressées par W.R..

T.M. : VOUS AVEZ AUSSI DÉMARCHÉ AUPRÈS DE CERTAINS LABELS AMÉRICAINS LORS DE VOTRE VOYAGE AUX USA ?
J.M. : Oui, auprès de ROADRACER et de COMBAT Records. Nous avons eu le culot d'aller les trouver avec notre démo. Cela n'a pas donné grand chose, juste le fait de nous faire connaître. Quant à ROADRACER, pour être signé, il faut que ce soit eux qui viennent à toi et non le contraire. C'est dans ces conditions qu'il t'offre le meilleur contrat. Quant ils te veulent, ils peuvent lâcher du fric. Des groupes comme SEPULTURA ou FORBIDDEN, chez COMBAT, ont dû avoir des supers contrats vu que ces derniers, par exemple, ont effectués une tournée Européenne alors qu'ils venaient de sortir leur premier album.


T.M. : SINON, EN CE QUI CONCERNE LES LABELS FRANÇAIS ?
J.M. : Il y a eu JUNGLE HOP qui s'est montré intéressé par le groupe à partir de notre deuxième démo. Les types du label sont venus nous voir en répète. Ils aimaient bien notre musique mais c'était la voix qui les dérangeaient un peu. Et puis finalement, cela n'a rien donné. C'était il y a deux ans, depuis ils ont signé LOUDBLAST. 

T.M. : VOUS AVEZ DONC SIGNÉ SUR SHARK RECORDS, UN LABEL ALLEMAND ?
F. : Nous sommes allés enregistrer notre premier LP en Allemagne dans des studios qui assurent bien. C'est Uly Presept qui l'a produit. Le son est vraiment bon. Le titre de cet album est "Final Holocaust" et il comporte neuf titres dont un des plus sur le CD.

T.M. : ALORS PARLONS PLUS PRÉCISÉMENT DES TITRES QUI FIGURENT SUR CET ALBUM ?
J.M. : Tout d'abord, il y a "Apocalyptic Warrior". C'est le batteur qui a écrit le texte donc on ne peut pas t'en parler. D'ailleurs, c'est lui qui écrit toutes les paroles, elles sont à base d'Héroïc-Fantasy, de fantastique, avec toujours un problème de fond, comme la fin dans le monde, par exemple. Sinon, il y a "Sentenced For Life" qui parle d'un type qui est condamné parce qu'il connaît certains secrets qu'il ne devrait pas connaître. "War Of Attrition" est à propos de la guerre d'usure, la guerre froide. "Train To Kill" parle des gladiateurs, de ces combattants entraînés pour tuer. Sur l'autre face, on a "Nearer From Death" qui raconte l'histoire d'un type qui joue à la roulette russe, c'est un peu inspiré du film "Retour Vers L'Enfer". Ensuite vient "Final Holocaust" qui parle du nucléaire, des gaz toxiques, de tous ces dangers qui sont suspendus au-dessus de nos têtes. "Eternal Hate" parle des guerres de religions, de l'Inquisition. C'est un thème aussi bien ancien qu'actuel. "The Day Of Massacra", quant à lui, parle de nos concerts. Sur le CD, il y a un titre en plus, "Beyond The Prophecy".

T.M. : QUE PENSEZ-VOUS DES GROUPES FRANÇAIS EN GÉNÉRAL ?
F. : On n'aime pas les groupes français qui chantent en Français, on trouve que cela est dépassé. Nous n'aimons pas les groupes des années 80 comme ADX, VULCAIN, pour eux c'est fini. On a joué avec VULCAIN et on a senti qu'ils n'avaient plus la même pêche qu'avant. Si jamais nous merdons comme eux en l'an 2 000, alors là, j'accepterai qu'il y ait des petits groupes qui disent que MASSACRA c'est fini, c'est dépassé, ils sont foutus.

T.M. : LORS DE L'ANNÉE 89, QUELS SONT LES GROUPES ET LES ALBUMS QUI VOUS ONT MARQUÉ ?
J.M. : Eh bien, il y a eu les albums de MORBID ANGEL, TERRORIZER, OBITUARY, SEPULTURA. Il y a aussi des groupes moins connus que l'on a bien aimé comme IMMOLATION, VADER, OBLIVION, et aussi le MERCILESS français qui a sorti une très bonne démo.

T.M. : QUEL EST LE GROUPE DONT VOUS AIMERIEZ SUIVRE LE PLAN DE CARRIÈRE ?
F. : Nous aimerions bien réaliser le même chemin que KREATOR. On veut faire comme les groupes allemands tels que SODOM, ou comme SEPULTURA.

T.M. : QUE PENSEZ-VOUS DE LA PRESSE FRANÇAISE AU NIVEAU HARD-ROCK ?
F. : Elle a évolué. Metal Hammer est un magazine pas trop mal. On trouve quand même qu'il y a un peu trop de favoritisme vis-à-vis de certains groupes, mais de toutes façons c'est comme ça partout.

T.M. : POUR FINIR, À UN NIVEAU PLUS GÉNÉRAL, QUELS SONT LES ÉVÈNEMENTS QUI ONT MARQUÉS L'ANNÉE 89, SELON VOUS ?
J.M. : Sûrement la tombée du mur de Berlin. Quand on est allé jouer en Pologne, on a passé le mur à pied d'Est en Ouest. Cela faisait plaisir de voir cela. On voyez des filles, des gens de Berlin Est qui nous enviez parce que l'on passait à l'Ouest. Sinon, en Pologne, on était en tête d'affiche avec des groupes locaux et nous avons joué devant 15 000 personnes à peu près. C'était la folie. En pologne, on a été marqué par la misère qui règne dans ce pays, c'est vraiment de voir cela pour nous qui ne vivons pas dans cette misère-là. C'était pareil à Berlin Est, c'était la désolation, on a l'impression que les habitations datent de 1940. On est également allé jouer au Canada où on s'est bien éclaté. Voilà donc ce qui nous a marqué à cours de cette année.

Interview & photos by DEAD ZONE

Extrait de TRASH MANIAC N°11 - Janvier 1990

8.3.26

Turnstile, Meg Mills, UK hardcore girl

New Wave of British Hardcore female guitarist joined the biggest US band of the moment : Turnstile. A brief interview to learn more about what is the music on her phone...


Last song you listening to ?

Meg Mills : The last song I listened to was on the way here actually. I was listening to a song called 'Shadow from Mordor' by a band called Sacrilege, which is like an 80s British punk metal band... one of my favorites


Hit shuffle ?

A song called 'Game of Pricks' by Guided by Voices is the first thing that came up. So, kind of got off lucky there, could have been Taking Back Sunday.


Album you’ll never delete ?

Record called 'Unhalfbricking' by Fairport Convention. One of the records that got me into British folk rock in my early 20s. My first introduction to Richard Thompson, Sandy Denny... just kind of like a warm hug to my soul.


Last one you downloaded ?

The last one that I downloaded to my phone was a song called 'L-O-V-E' by a band called Armlock. I've been listening to the record from a couple years ago called 'Seashell Angel Lucky Charm', maybe it came out last year. It's really good, it kind of sounds like the more lo-fi Alex G stuff.


Source : Big Cheese

Photo : DR













7.3.26

Pestilence, Malleus Maleficarum, 1988 forever

En provenance directe du pays des moulins et du gouda, PESTILENCE a été formé début 1986 par un certain Randy Meinhard, un allemand, qui travaillait déjà avec Patrick Mameli (tous deux étant des guitaristes), un hollandais. Nos deux gaillards recrutèrent un dénommé Marco Foddis, batteur de son état. À partir de ce moment nos deux hollandais et notre allemand se mettent à concocter des compositions très proches de l'esprit KREATORIEN et SLAYERIEN. Après plusieurs changements de personnel et quelques concerts dans les petits clubs (qui ont dû avoir du mal à résister à leur Thrash), PESTILENCE s'enferme dans les studios Franz K. en Mai 87. Le groupe y enregistre sa première démo quatre titres joliment nommée "Dysentery". Étant toujours sans bassiste et chanteur, Patrick (le lead guitariste) cumule le poste de bassiste et de vociférateur.

La démo reçut un très bon accueil un peu partout en Europe mais les maisons de disques restent insensibles à la musique de PESTILENCE.

Le groupe décide alors d'enregistrer une nouvelle démo mais cette fois-ci d'une façon plus professionnelle afin de sortir les maisons de leur indifférence. Mais avant de réaliser ce projet, le groupe décide de se lancer à la recherche d'un bassiste et d'un chanteur car le sieur Patrick voulait se consacrer uniquement sur les solos et le son du groupe.

En Septembre 87, PESTILENCE déniche la bête rare en la personne de Martin Van Drunen (un bouffeur de gouda) qui désormais occupera le poste de bassiste/chanteur à la carrure impressionnante (voir photo).

Armé de ce nouveau membre, ils enregistrent une seconde démo de trois titres "The Penance". Concert après concert, le groupe acquiert une solide réputation qui arrive aux oreilles de Roadrunner qui signe le groupe en Mars 88.

Après une apparition sur la compilation "Teutonic Invasion 2" avec le titre "The Hatred Within", PESTILENCE enregistre sous la houlette du producteur de Thrash : Kalle Trapp (DESTRUCTION, PARADOXE) son destructeur premier LP "Malleus Maleficarum". Le titre de l'album est un livre très ancien qui décrit les pratiques cruelles de l'inquisition et les techniques de torture (tout un programme). Fans de plaisirs masochistes ce disque est pour vous !!

DEAD ZONE

Extrait de TRASH MANIAC N°8 - Septembre 1988