11.3.26

Massacra, Final Holocaust, en route pour la gloire


C'est à l'holocauste final que nous invite MASSACRA dès son premier album, le bien nommé "Final Holocaust" (Shark Records). Charmante perspective, non ? Le quatuor parisien est donc allé en RFA pour enregistrer des débuts vinyliques plus que prometteurs et capables de rivaliser avec la concurrence internationale, catégorie Thrash/Death. Le groupe joue donc la carte de l'exportation à tout prix, ce qui paraît, à l'heure actuelle, une solution plus que salvatrice en France. Mais laissons plutôt nos "féroces" musiciens nous conter leur histoire et la naissance de cet album...
 

TRASH MANIAC : QUEL EST LE LINE-UP ACTUEL DU GROUPE ? 
JEAN-MARC (LEAD GUITAR/CHANT) : Alors, il y a Fred à la lead guitare, Pascal (basse et chant), Chris à la batterie, et moi à la lead et au chant également. Depuis les débuts du groupe, on a changé souvent de batteur, au moins cinq fois. Moi, au début, je jouais de la batterie dans le groupe puis je l'ai quitté pour ensuite revenir en tant que lead guitariste et chanteur sur certains titres. Pascal et moi, on se partage le chant à 50 % chacun. 
FRED : Chris est depuis deux ans dans le groupe. Avant, il faisait partie d'un petit groupe qui s'appelait EXODUS (rires). 
PASCAL : On l'a pris pour 250 000 $ par mois (rires). Plus sérieusement, nous sommes un groupe dont le line-up a peu varié par rapport à d'autres formations. C'est sûrement le line-up définitif jusqu'à la mort du groupe (rires). 

T.M. : QUELLES ONT ÉTÉ VOS DIFFICULTÉS OU VOS FACILITÉS POUR LA RÉALISATION DE VOTRE DERNIÈRE DÉMO "NEARER FROM DEATH" ? 
F. : On s'est fait un peu chié pour la réaliser car le type qui possédait le studio ne connaissait rien à notre musique, au Thrash. 
J.M : On aurait pu réaliser cette démo sur un huit pistes, nous-mêmes, cela aurait rendu aussi bien. 
P. : Le type n'a pas réussi à maîtriser au mieux notre son car nous, de notre côté, nous connaissions parfaitement chaque morceaux. Normalement, un ingénieur du son doit bien connaître son métier. Il ne connaissait pas notre genre de musique. On a été obligé de lui donner des conseils alors que cela aurait dû être le contraire.

T.M. : SUITE À CETTE DÉMO, VOUS AVEZ EU DES RÉPONSES POSITIVES DE LA PART DE LABELS INDÉPENDANTS ÉTRANGERS. JE CROIS QUE WILD RAGS VOULAIT VOUS SIGNER ?
F. : Oui, en effet, Richard C., le responsable de WILD RAGS, nous a envoyé un contrat mais nous avons préféré attendre un petit peu plutôt que de se précipiter. En fait ce contrat c'était une licence, c'est-à-dire que l'on devait enregistrer le LP dans un studio et ensuite envoyer les bandes aux USA pour qu'elles soient pressées par W.R..

T.M. : VOUS AVEZ AUSSI DÉMARCHÉ AUPRÈS DE CERTAINS LABELS AMÉRICAINS LORS DE VOTRE VOYAGE AUX USA ?
J.M. : Oui, auprès de ROADRACER et de COMBAT Records. Nous avons eu le culot d'aller les trouver avec notre démo. Cela n'a pas donné grand chose, juste le fait de nous faire connaître. Quant à ROADRACER, pour être signé, il faut que ce soit eux qui viennent à toi et non le contraire. C'est dans ces conditions qu'il t'offre le meilleur contrat. Quant ils te veulent, ils peuvent lâcher du fric. Des groupes comme SEPULTURA ou FORBIDDEN, chez COMBAT, ont dû avoir des supers contrats vu que ces derniers, par exemple, ont effectués une tournée Européenne alors qu'ils venaient de sortir leur premier album.


T.M. : SINON, EN CE QUI CONCERNE LES LABELS FRANÇAIS ?
J.M. : Il y a eu JUNGLE HOP qui s'est montré intéressé par le groupe à partir de notre deuxième démo. Les types du label sont venus nous voir en répète. Ils aimaient bien notre musique mais c'était la voix qui les dérangeaient un peu. Et puis finalement, cela n'a rien donné. C'était il y a deux ans, depuis ils ont signé LOUDBLAST. 

T.M. : VOUS AVEZ DONC SIGNÉ SUR SHARK RECORDS, UN LABEL ALLEMAND ?
F. : Nous sommes allés enregistrer notre premier LP en Allemagne dans des studios qui assurent bien. C'est Uly Presept qui l'a produit. Le son est vraiment bon. Le titre de cet album est "Final Holocaust" et il comporte neuf titres dont un des plus sur le CD.

T.M. : ALORS PARLONS PLUS PRÉCISÉMENT DES TITRES QUI FIGURENT SUR CET ALBUM ?
J.M. : Tout d'abord, il y a "Apocalyptic Warrior". C'est le batteur qui a écrit le texte donc on ne peut pas t'en parler. D'ailleurs, c'est lui qui écrit toutes les paroles, elles sont à base d'Héroïc-Fantasy, de fantastique, avec toujours un problème de fond, comme la fin dans le monde, par exemple. Sinon, il y a "Sentenced For Life" qui parle d'un type qui est condamné parce qu'il connaît certains secrets qu'il ne devrait pas connaître. "War Of Attrition" est à propos de la guerre d'usure, la guerre froide. "Train To Kill" parle des gladiateurs, de ces combattants entraînés pour tuer. Sur l'autre face, on a "Nearer From Death" qui raconte l'histoire d'un type qui joue à la roulette russe, c'est un peu inspiré du film "Retour Vers L'Enfer". Ensuite vient "Final Holocaust" qui parle du nucléaire, des gaz toxiques, de tous ces dangers qui sont suspendus au-dessus de nos têtes. "Eternal Hate" parle des guerres de religions, de l'Inquisition. C'est un thème aussi bien ancien qu'actuel. "The Day Of Massacra", quant à lui, parle de nos concerts. Sur le CD, il y a un titre en plus, "Beyond The Prophecy".

T.M. : QUE PENSEZ-VOUS DES GROUPES FRANÇAIS EN GÉNÉRAL ?
F. : On n'aime pas les groupes français qui chantent en Français, on trouve que cela est dépassé. Nous n'aimons pas les groupes des années 80 comme ADX, VULCAIN, pour eux c'est fini. On a joué avec VULCAIN et on a senti qu'ils n'avaient plus la même pêche qu'avant. Si jamais nous merdons comme eux en l'an 2 000, alors là, j'accepterai qu'il y ait des petits groupes qui disent que MASSACRA c'est fini, c'est dépassé, ils sont foutus.

T.M. : LORS DE L'ANNÉE 89, QUELS SONT LES GROUPES ET LES ALBUMS QUI VOUS ONT MARQUÉ ?
J.M. : Eh bien, il y a eu les albums de MORBID ANGEL, TERRORIZER, OBITUARY, SEPULTURA. Il y a aussi des groupes moins connus que l'on a bien aimé comme IMMOLATION, VADER, OBLIVION, et aussi le MERCILESS français qui a sorti une très bonne démo.

T.M. : QUEL EST LE GROUPE DONT VOUS AIMERIEZ SUIVRE LE PLAN DE CARRIÈRE ?
F. : Nous aimerions bien réaliser le même chemin que KREATOR. On veut faire comme les groupes allemands tels que SODOM, ou comme SEPULTURA.

T.M. : QUE PENSEZ-VOUS DE LA PRESSE FRANÇAISE AU NIVEAU HARD-ROCK ?
F. : Elle a évolué. Metal Hammer est un magazine pas trop mal. On trouve quand même qu'il y a un peu trop de favoritisme vis-à-vis de certains groupes, mais de toutes façons c'est comme ça partout.

T.M. : POUR FINIR, À UN NIVEAU PLUS GÉNÉRAL, QUELS SONT LES ÉVÈNEMENTS QUI ONT MARQUÉS L'ANNÉE 89, SELON VOUS ?
J.M. : Sûrement la tombée du mur de Berlin. Quand on est allé jouer en Pologne, on a passé le mur à pied d'Est en Ouest. Cela faisait plaisir de voir cela. On voyez des filles, des gens de Berlin Est qui nous enviez parce que l'on passait à l'Ouest. Sinon, en Pologne, on était en tête d'affiche avec des groupes locaux et nous avons joué devant 15 000 personnes à peu près. C'était la folie. En pologne, on a été marqué par la misère qui règne dans ce pays, c'est vraiment de voir cela pour nous qui ne vivons pas dans cette misère-là. C'était pareil à Berlin Est, c'était la désolation, on a l'impression que les habitations datent de 1940. On est également allé jouer au Canada où on s'est bien éclaté. Voilà donc ce qui nous a marqué à cours de cette année.

Interview & photos by DEAD ZONE

Extrait de TRASH MANIAC N°11 - Janvier 1990